• Thème : Parfaites photographies adolescentes

    Thème : Parfaites photographies adolescentesThème : Parfaites photographies adolescentes

    Il ne faut pas se leurrer : toutes les chansons de la période 1960-1967, parlant d'adolescents, répètent la même chose : elle est trop jeune pour aimer, il est un adolescent amoureux, etc. Cela sur des motifs simples et naïfs. Cependant, il existe, à mes yeux, deux chansons francophones qui allaient plus loin pour décrire les sentiments ados. Ces pièces sont beaucoup plus évocatrices que toutes les autres.

    Oublions que Françoise Hardy avait alors une voix plate et que nous avons entendu cette chanson des milliers de fois. Ce qui y est raconté aurait pu l'être en 1930 et je suis persuadé qu'aujourd'hui, il y a une jeune fille qui vit la situation de la chanson. Besoin d'amour, de tendresse, comme les autres, et le drame de ne pas vivre cette situation, d'aller par les rues "l'âme en peine." Bref, Tous les garçons et les filles est peut-être l'hymne des filles moches et délaissées, qui demeurent seules dans leur coin, se sentant trop à part et gardant le secret de leur grand rêve : avoir un petit ami, au même point que les autres. Des milliers de filles se sont identifiées à cette chanson !

    Pour la seconde pièce, saluons d'abord les musiciens des Hou-Lops pour avoir composé une magnifique balade mélodique, avec une superbe partie de guitare claire. Puis soupirons en pensant que l'industrie du disque obligeait ces gars à chanter des traductions de succès anglophones. Les rares compositions du groupe prouvent qu'ils étaient supérieurs à beaucoup de leurs copains américains et britanniques.

    Ensuite, précisions que les paroles de la chanson (2 couplets, 1 refrain) sont signées Louise Rousseau, journaliste adolescente. C'est simple, mais peut-être pas si naîf. Il y a ici un groupe d'ados, en vacances scolaires, loin de toute autorité parentale et sociale. Ils ont passé l'été sur la plage où "chacun de leurs frissons faisait naître une chanson." L'amour à leur façon, sans reproches ni discours moralisateur des vieux. Bref épisode de bonheur, car l'automne revient, avec le retour à l'école, et, "les larmes aux yeux, ils disent adieu, avec l'espoir d'un retour" alors que "le vent de la grève viendra effacer leurs rêves." Évocateur, je vous dis !

    Dans mon roman Les Fleurs de Lyse, il y a un chapitre intitulé "Nous les jeunes" qui, en une vingtaine de pages, paraphrase Blue-Jeans sur la plage.

    Françoise Hardy, Tous les garçons et les filles (1962)

    Hou-Lops, Blue-Jeans sur la plage (1965)


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